Sa carrière maritime

Principales sources : Chasse-Marée n°121 M. Colleu - J. & C. Briot 

ADSM Archives de l'Inscription Maritime, quartier du Havre


22 juillet 1898 -  15 ans 1/2

Le Colbert

Le 22 juillet 1898, Armand embarque, en qualité de pilotin pour son premier voyage à bord du trois-mâts barque Colbert, l'un des trois navires qui seuls reliaient directement l'Europe à Tahiti.

Le Colbert appareille de Bordeaux à destination de la Polynésie, où il mouille 146 jours plus tard. Ce voyage va durer treize mois, et se solder par un tour de monde, avec passage des caps de Bonne-Espérance à l'aller, et du Cap-Horn au retour. Comme nombre de grands voiliers bordelais, le Colbert  a coutume d'embarquer un ou deux pilotins à bord, voire davantage. Ce sont souvent des fils de famille dont les parents payent l'embarquement. Logés à l'arrière, les pilotins prennent leurs repas à la table des officiers, mais sont astreints à toutes les manoeuvres de la bordée à laquelle ils appartiennent. Selon l'usage dans cette compagnie, l'un des officiers du bord - parfois le capitaine lui-même - est chargé d'inculquer aux néophytes quelques rudiments de cosmographie...

Armand profite de l'escale à Papeete pour découvrir Tahiti, qui est à la hauteur du jardin d'Eden imaginé par l'adolescent avant le départ. Celui qui avait la chance - relativement rare - d'y escaler était envié, et maintes et maintes fois, soit au poste d'équipage, soit au carré des officiers, il devait raconter son séjour au pays merveilleux.

Le pilotin Hayet, ensorcelé par les lascives vahinés, décide alors de déserter ! Le naïf amoureux ignore que les jours précédant l'appareillage, la surveillance sur le pont est doublée. Le Second veille ... Mais laissons-le raconter son aventure dans son livre "Chansons des Iles" :

Moi aussi je voulus déserter. J'étais littéralement ensorcelé. Le bateau mouillé en rade, ma vahiné - celle des derniers jours - devait venir sur sa pirogue dans nos eaux durant la nuit précédant notre départ. Vers onze heures, je quittais ma cabine et sans bruit, je montais sur la dunette déserte. Je me glissai sous le banc adossé à la chambre de veille où j'allais, le cœur battant, attendre minuit, heure à laquelle je m'affalerais à la mer par l'écoute de gui pour rejoindre à la nage Fétiha. : la plus belle des filles d'Océanie... Oui, mais cinq minutes ne s'étaient pas écoulées que je recevais un solide coup de pied dans les côtes et que je reconnaissais la voix du Second qui me disait :

- « Eh bien, Gabier, que fais-tu là ? Veux-tu bien descendre sur le pont. »

Gabier était le chien de l'équipage ; il n'avait pas le droit de séjourner sur la dunette. Je ne bronchai pas. Un deuxième coup de pied plus énergique me fit surgir de ma cachette, sous le regard faussement étonné de ce maudit officier :

- « Comment, c'est vous, Pilotin ? Que diable faites-vous sous ce banc ? Voulez-vous descendre immédiatement. Vous ne savez donc pas combien c'est malsain de rester la nuit sous les étoiles... quand on n'est pas de quart... surtout pour les enfants... »

Un enfant ! Moi qui avais presque seize ans !

Je m'exécutai, la mort dans l'âme, espérant encore remonter à temps sur le pont. Mais à peine étais-je étendu sur ma couchette que la clef de la porte restée à l'extérieur tourna dans la serrure. J'étais prisonnier... tout était perdu... Hélas, j'ignorais que durant cette nuit, en plus de la veille habituelle confiée aux hommes, le Second, le Lieutenant et le Maître d'équipage, assuraient personnellement une garde rigoureuse et combien cruelle pour les jeunes marins sentimentaux.

Ce n'est qu'après avoir doublé le Cap Horn et retrouvé les beaux temps que par un clair de lune de nacre qui me rappelait ceux que j'avais tant admirés là-bas, sur le lac Taravac, je déchirai en menus morceaux qui s'envolèrent par-dessus bord comme des papillons fous, la longue lettre que j'avais écrite pour annoncer à ma famille en lui demandant pardon, ma résolution ... de finir mes jours aux Iles de la beauté et de l'Amour.

Dès ce premier embarquement, Armand se montre sensible à la richesse de la culture populaire qu'il découvre au contact de ses camarades de bord. Pour le plaisir, il commence déjà à noter "au hasard des quarts de jour et de nuit, des haltes et des retours, sur des feuilles volantes ou des carnets à quatre sous, dictons, chansons, contes, et traditions". Cette habitude ne le quittera plus. 

C'est ainsi que, fasciné par cet univers, il apprend le matelotage avec Jossy, un matelot "premier brin" de Belle-Ile, "joyeux par tous les temps, et qui ne pouvait travailler dans le gréement sans chanter". C'est avec Jossy qu'il réalisera le bateau dans sa bouteille qu'il conservera toute sa vie.

De quart en bas, il écoute, ravi, les aventures du Prince Matelot, contées dans un style inimitable par le novice Pierre Milon, de Trégastel : 

"Alors, au pied de cette mur qu'avait un guindant de mâture de frégate, qu'est-ce qu'il aborde avec l'avant de son pied de tribord ? Gacht ! Une sabre d'abordage toute rouillée !"



Bordeaux 19 février 1902

Nous soussigné J.H.Tandonnet frères certifions que Mr Armand Hayet a fait sur notre voilier «Colbert» une campagne de Taïti (sic) d'un an.

Nous avons été très satisfaits des services et de la conduite de ce jeune homme et nous sommes certains qu'il donnera toutes satisfactions aux personnes qui l'embarqueront.

En foi de quoi nous lui délivrons le présent certificat.

Tandonnet Frères Signé Pierre Tandonnet

Jean-Joseph dit "Yves" Labarre
Jean-Joseph dit "Yves" Labarre


Au retour de ce premier voyage - dont les frais ont été remboursés à sa mère, vu son comportement exemplaire -, Armand est reçu au concours d'entrée de l'Ecole d'hydrographie et de navigation de Bordeaux, qui prépare au diplôme d'officier de la marine marchande. Classé parmi les trois meilleurs pilotins de sa promotion, il obtient une bourse entière qui s'avère bien précieuse, son père étant décédé alors qu'il n'avait que six ans, et sa mère l'élevant seule, avec ses deux soeurs cadettes, Jeanne et Margot.

et les voyages...






                                                                                                                                                                                              continuent...


14 juillet 1900 - 17 ans 1/2

Le Richelieu

Le 14 juillet 1900, Armand embarque, en qualité de matelot léger, à 50 francs par mois, sur le Richelieu, une goélette à vapeur de 1176 tx, construite à Glasgow en 1875 et armée à Bordeaux par Maurel & Prom. Ce bâtiment est commandé par Pierre Landard et armé par un équipage de vingt-quatre hommes. Pierre Blanchard, qu'on retrouvera plus loin au commandement du Saint-Vincent-de-Paul de sinistre mémoire, y est lieutenant. Après avoir charbonné à Ténériffe, le Richelieu va charger des arachides à Rufisque, à Saint-Louis du Sénégal et à Dakar. Il effectue ensuite un second voyage, au cours duquel Armand Hayet passe matelot, à 80 francs par mois.




10 décembre 1900

La Cordillère

Paquebot à vapeur 6379 tx des Messageries Maritimes

Après cette navigation au grand cabotage, il renoue avec le long cours en embarquant, le 10 décembre 1900, sur le Cordillère, un paquebot à vapeur des Messageries Maritimes, armé à Bordeaux pour la ligne Rio de la Plata-Montevideo-Buenos Aires, avec escales de charbonnages à Vigo, Lisbonne, Dakar, Pernambouc, Bahia et Rio de Janeiro. Un équipage de cent soixante-cinq hommes fait fonctionner ce paquebot qui peut transporter près de mille passagers.

"Oui, pour voir comment ça bourlinguait, j'embarque sur la Cordillère qu'était un paquebot qui faisait Bordeaux La Plata. Ce magasin à charbon, je l'avais choisi parce qu'il avait encore vergues de misaine et de hunier. Mais que j'ai été bien baisé en long et en large, tu peux me croire ! Ces officiers-là, tout dorés qu'ils sont, tout le temps en tenue avec des galons astiqués à clair même la nuit, ils ont pas une seule fois sorti leurs voiles de la soute ! Pauvre France ! comme tu es trahie par tes marins de gravures !" (Jean-Marie Le Bihor, alias A.H. Chansons de la Voile sans voiles)

Matelot léger à 80 Francs/mois

Etienne Armand Hayet

Le matelot léger :

"Matelot léger ?" me disait étonnée, à mon retour de cette campagne dont je m'enorgueillissais, une de mes grand-tantes qui n'avait jamais vu un bateau autrement qu'en peinture, "Matelot léger ? pourquoi léger ? Ah oui, je devine... Il faut à ces Capitaines sans pitié de jeunes garçons ne pesant pas lourd, comme toi, pour monter, plier ou déplier les voiles attachées tout en haut des mâts sur ces minces petits bâtons qui ont l'air si fragiles et qui doivent se casser souvent dans les grandes tempêtes. Mon Dieu ! mon pauvre enfant ! à quels dangers t'exposes-tu !"

Son explication ingénue ne pouvant que me grandir et me donner du poids - du moins moralement - je ne l'ai pas détrompée...


A son débarquement, Armand totalise dix-huit mois de navigation effective au commerce. Il devance alors l'appel pour se débarrasser de ses obligations militaires. En avril 1902, il met son sac à bord du cuirassé Brennus, basé à Toulon, et le quitte un an plus tard. Reçu lieutenant au long cours, il peut enfin revenir à sa navigation préférée, et cherche un engagement sur un voilier. 

Il nous a laissé de cette période 14 cahiers calligraphiés de ses cours et des conférences auxquelles il assiste.


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Sources ADSM
Archives de l'Inscription Maritime, quartier du Havre
Remerciements à Michel Colleu


Etienne Armand HAYET : né le 12 mars 1883 à Bordeaux, inscrit maritime à Bordeaux n°8811.

Diplôme d'Elève de 2ème classe de la Marine Marchande en 1905.

17 octobre 1903 - 20 ans

L'Eridan


"j'ai souvenance d'un voyage à bord d'un trois-mâts dont le Commandant au départ de France avait à peine 25 ans, le Second, votre serviteur, 20 ans et demi, et le Lieutenant 22 ans..."
Dictons et Tirades 

Le 17 octobre 1903, Armand embarque à Bordeaux sur l'Eridan trois-mâts de 575 tx construit à Saint-Malo en 1899, appartenant à A. Bernard du Havre. Le voilier effectue principalement les voyages aux Antilles pour charger du bois de campêche, et parfois des marchandises diverses : sucre, tafia, ou rhum. Il est promu lieutenant trois mois plus tard, suite au débarquement, à Conacry, du second-capitaine dont nous tairons le nom, malade... L'Eridan fait ensuite escale à Victoria au Cameroun, à Fort-de-France et au Marin (Martinique), puis revient à Bordeaux, où il mouille le 1er juillet 1904.

L'équipage se compose de 14 hommes : un capitaine, (Pierre Achille Marie Jasseau, le joueur de trompe de chasse*), un second-capitaine  - bientôt remplacé par le lieutenant -, un maitre d'équipage, un cuisinier, 3 novices et sept matelots, dont un charpentier. Quatre hommes sont engagés au cours de la campagne, à Conakry et au Marin, en remplacement de matelots débarqués dans ces ports.

*note CA

Lettre confidentielle du Commandant J. au Commissaire de l'Inscription Maritime de Conakry.

Réservé à la famille - Toutes nos excuses...

12 août 1904 - 21 ans

L'Eridan encore

Du 12 août 1904 au 8 janvier 1905 : 2ème lieutenant sur le même trois-mâts Eridan armé par A. Bernard du Havre pour Dakar et le Cap-Haïtien. L'équipage a reçu deux mois bruts d'avance pour compter du 12 août 1904, à l'exception de MM. Le Vaguerèze (capitaine), Le Buhé (1er lieutenant faisant fonction de second-capitaine), Hayet (2ème lieutenant), et Baher (mousse), qui n'ont rien reçu.

L'appareillage de Bordeaux commence mal : le jour du départ, alors que l'Eridan est encore amarré Quai des Chartrons, le matelot Bénoni Joseph Oliéro fait une chute mortelle de la grande vergue sur le pont. Le trois-mâts barque met néanmoins le cap sur Dakar où il arrive un mois plus tard. Après 11 jours d'escale, il cingle vers Cap-Haïtien, qu'il atteint au bout d'un mois. Il y passe cinq semaines à charger son bois de campêche, puis rallie Le Havre en un mois et demi. Au total, cette campagne aura duré cinq mois.

2ème lieutenant à 80 Francs/mois

Etienne Armand Hayet



L'ERIDAN

Trois-Mâts en bois doublé cuivre, un pont, vaigrage, 694 tx de jauge nette et 835 tx de jauge brute, lancé à Saint-Malo le 12 avril 1899 appartenant à Marie Jules Adrien Bernard du Havre. Attaché au port du Havre le 27 janvier 1905. Acheté le 25 septembre 1906 par M. Henri Le Bouteiller, domicilié Boulevard de Strasbourd au Havre. Désemparé dans un cyclone et abandonné en mer le 29 septembre 1908 par 18°35'N et 66°17'O.


6 avril 1905 - 22 ans

L'Eridan 3ème voyage

Du 6 avril 1905 au 7 décembre 1905, nous retrouvons Armand second capitaine sur ce même 3 mâts ERIDAN immatriculé au Havre 420-1258 armé par A. Bernard pour Cayenne et le Cap-Haïtien. Expédié du Havre le 6 avril 1905 pour Nantes avec 13 hommes d'équipage, il arrive à Nantes le 24 avril. Ils y recrutent un cuisinier originaire de Basse-Terre appelé Gaston Kalichina, qui embarque en laissant des dettes de pension et d'habillement à Nantes où il a dû mener joyeuse vie. Armand Hayet relève que ce "solide coq brun foncé était bon maître-coq, mais comiquement prétentieux et susceptible. Ainsi, lorqu'il déclamait sa fameuse tirade énumérant les bonnes conditions de navigation, il ne manquait jamais d'y ajouter : "plis gouand ouispect pou quisinier !"

Le navire est expédié le 11 mai pour Cayenne avec 14 hommes. Il y arrive le 9 juin et repart de Cayenne le 9 août pour le Cap-Haïtien. Arrivée au Cap-Haïtien le 24 août, il repart le 18 octobre 1905 pour Le Havre où il arrive le 7 décembre 1905 pour être désarmé.

Second Capitaine à 200 Francs/mois

Armand Hayet

12 avril 1906 - 23 ans

Le Saint-Vincent de Paul

C'est un trois-mâts en bois doublé cuivre, où Armand se retrouve engagé comme second-capitaine. Il désarme à Durban le 8 septembre 1906, pour repartir le lendemain

pour son :


dernier voyage


9 septembre 1906 - 23 ans


Le Saint-Vincent de Paul

dernier voyage

Du 9 septembre 1906 au 19 mars 1907, second capitaine sur le 3 mâts de 738 tx Saint-Vincent-de-Paul, francisé provisoirement à Durban le 8 septembre 1906 pour être attaché au quartier du Havre. 

Ce dernier voyage du Saint-Vincent de Paul aura été vraiment très accidenté. En allant de Beira à Delagoa-Bay, [Baie de Maputo] il s'échoue une première fois, mais peut se dégager et être remorqué à Durban.

Après réparations provisoires, il s'échoue à nouveau en quittant ce port, mais est renfloué sans avaries apparentes et fait route sur Le Havre.

Le 27 décembre 1906, ils perdent un homme : Louis Marie Le Pellec, matelot à 80 francs par mois, gabier de misaine ; son corps est immergé.

Le 27 février 1907, dans la Manche, il éperonne une barque de pêcheurs et l'envoie par le fond.

Le 3 mars vers 18 heures, il fait côte sur le rocher des Essards, en vue de Luc-sur-Mer.

Composition de l'équipage :

  • Capitaine à 600 Francs par mois : Pierre Antoine Blanchard né le 16 mars 1877, inscrit et habitant à Bordeaux. Embarqué à Durban le 8 septembre 1906.
  • Second-Capitaine à 200 Francs par mois : Armand Hayet embarqué à Durban le 8 septembre 1906.
  • .... etc...


Et le Rhône ?

Pas trace de ce bateau dans la carrière d'Armand Hayet qui dit pourtant au sujet des mousses :

"Je les revois... celui de l'Eridan, du Saint-Vincent-de-Paul, du Rhône, de tant d'autres...


Le naufrage du Saint-Vincent-de-Paul

Remettons les pendules à l'heure

La légende familiale raconte que, bien que venant d'obtenir son diplôme de capitaine, il laisse pour ce second voyage le commandement à son ami Pierre-Antoine Blanchard, et embarque comme second-capitaine. En réalité, les politesses de ce genre n'avaient pas lieu d'être. L'armateur délèguait au capitaine d'armement, lequel décidait quel était son capitaine, et comment se composait l'équipage, et nul n'avait voix au chapitre pour contester sa décision ! Armand Hayet embarque donc comme second-capitaine, sur une décision qui ne lui appartenait en aucun cas, et avec une paye trois fois inférieure à celle du Commandant Blanchard.

et les escales ?

"Presque toujours au port de destination, les équipages et les états-majors de ces clippers, à part le Capitaine, allaient à terre à la longue-vue, c'est-à-dire ne quittaient pas le bord. S'ils débarquaient, ils circulaient le plus souvent dans des villes dont l'importance, le modernisme, la foule trépidante et la police parfaite ne les émouvaient pas outre mesure, et souvent même, ils y regrettaient leurs vieux ports de France. De ces contrées vraiment étrangères, les officiers ne gardaient en général qu'un souvenir sans joie, qu'ils classaient avec leurs connaissances géographiques, économiques et autres froids renseignements techniques, dans leur mémoire assez encombrée, tandis qu'ils conservaient au plus profond de leur cœur celui de leurs heureux séjours aux vieilles colonies".

Chansons des Iles

Les navires

SAINT-VINCENT-DE-PAUL

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Trois-Mâts en bois doublé cuivre, 2  ponts, vaigrage, 640 tx de jauge nette et 738 tx de jauge brute, construit à Honfleur par Leviels Frères, lancé le 14 février 1903 sous le nom de Saint-Léon appartenant à Désiré Auger. Attaché au port du Havre le 3 mars 1903. Acheté par Emile Guillard, négociant à La Garenne Colombe, le 4 novembre 1903. Racheté par Marie Jules Adrien Bernard le 17 novembre 1903. Appartenant au Crédit Foncier et Agricole d'Algérie en 1907. Converti en ponton en décembre 1910.

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Un petit mystère : quel est ce trois-mâts de Gautier ?

Pourquoi ne figure-t-il pas sur le Relevé de la matricule des Gens de Mer des archives de l'Inscription Maritime de Bordeaux qui relate les 55 mois et 9 jours de navigation au long-cours d'Armand ?

"Combien de trois-mâts en bois quand j'avais 20 ans avaient par exemple leur grand'Chambre non peinte mais cloisonnée de bois exotiques". et il ajoute : "J'ai navigué sur un trois-mâts pourtant construit à Saint-Malo chez Gautier (qui n'était pas réputé pour l'élégance) quelque cinq ans plus tôt dont la chambre, les coursives, la descente et les cabines du Capitaine et du Second étaient décorées de bas en haut de panneaux moulurés en bois vernis ; avec dans la chambre desserte en acajou et grand divan formant caisson avec coussins recouverts de velours ; dessus, une grande glace. Ce bateau faisait, ainsi que son frère presque jumeau, aux alentours de 1900-1907, indifféremment, le Brésil, les Antilles, Madagascar ou le Siam" 

(Courrier à son ami Caplain, en correction d'un livre ...qui n'a jamais été publié)

Recherches concernant le Trois-mâts Gautier

Le bateau dont parle Armand Hayet aurait été construit vers 1898... (5 ans avant ses 20 ans...)

Je me suis demandé s'il pouvait s'agir du Saint-Pierre, frère du Saint Paul dont suit l'historique. Si le Saint Paul a une histoire peu commune, rien n'est dit sur le Saint Pierre. Faisait-il les campagnes Brésil, Antilles ?

« Commentaire descriptif : Plans originaux de forme, de voilure et détails de structure des navires Saint-Pierre et Saint-Paul, construits par le chantier Gautier en 1897/1898, pour servir de navire d'assistance et de navire hôpital sur les côtes d'Islande et de Terre-Neuve. 

Commentaire historique : De ces deux bâtiments conçus et construits par les chantiers Gautier à Saint-Malo, l'un a fait naufrage par deux fois sur les côtes d'Islande.
Armé en 1897 par la Société des Oeuvres de mer, le Saint-Paul s'est échoué sur la côte de Reykjavik dés sa première saison, le 2 mai 1897 puis de nouveau en 1899, le 4 avril sur la plage de Koteyar, sur la côte Sud, vaincu par une tempête de trois jours. Définitivement perdu, il est vendu aux enchères quelques jours après le naufrage. Enchères qui firent date dans la région car on avait rarement vu navire aussi richement doté en mobilier (candélabres en argent, lustres, appliques, armoire à pharmacie), mais aussi en nourriture et boissons ; 900 litres de vin, 40 de rhum ou encore 251 litres de ce que les Islandais appelaient " koníak ".


http://sallevirtuelle.cotesdarmor.fr/inventaire/pleneuf/Geoviewer/Data/HTML/IM22003412.html

Son sextant

Et Armand après le naufrage ?

Du 3 avril 1907 au 12 juin 1907, patron de la yole Myosotis, armé à Bordeaux.

Dernier diplôme

Singulièrement, c'est lorsque sa carrière maritime est terminée, qu'il reçoit son Brevet de Capitaine au long cours, le 6 juillet 1907.

Il a 24 ans et 4 mois.

Pour se présenter à ces examens les candidats devaient avoir 24 ans et réunir 60 mois de navigation à bord de navires français.

Puis, ayant été mis hors de cause sur l'éperonnage de "la Fusée", il part en Mauritanie...